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Wicker Park - scène de shakespeare

Par OSV :: 02/06/2010 à 17:11 :: Cinéma

Scène étudiée : 06min 13s - 08min13s

Difficile de résumer ce film en quelques lignes, sans le dénaturer et l'amputer de ce qui fait toute sa beauté. "Wicker Park" est un chassé-croisé, au sens propre du terme, entre un jeune homme et deux jeunes femmes, l'une blonde, l'autre brune, suivant la tradition moyen-âgeuse, que l'on retrouve dans "Tristan et Yseult".

Notre scène. Tout d'abord ce qui m'interesse, c'est la scène dans la scène. Ce que l'on appelle viceusement, la mise en abyme, où le spectateur, de manière très baroque, est projeté dans un tourbillon dont il n'a pas les repères. Et cela permet de dire beaucoup plus de choses que l'on pourrait dire de manière narrative. Alex, en effet, éperduement amoureuse et totalement obsédée par Matthew, Josh.H, a la difficile tâche de jouer son propre rôle dans la pièce (sans que personne ne le sache à part elle, à savoir, devoir aider une femme à conquérir l'homme dont elle est amoureuse), et par là-même se libérer de cette passion si douloureuse. Elle arrive alors à faire au théâtre, ce qu'elle est incapable de faire dans la réalité (si cette disctinction à un sens). Ses larmes inconsolables après le spectacle cherchent à éviter la rencontre avec Matthew, qui se rendrait compte, alors, qu'Alex s'est fait passer pour Lisa (la blonde) auparavant dans le film, et qu'elle l'a trompé; mais surtout, si elle pleure tant, c'est qu'elle est revenue dans les affres du réel, dans l'horrible spectacle de la vie, où elle n'arrive pas à assumer ce qu'elle est, ni à confesser ce qu'elle a fait (Elle a détruit la relation amoureuse de Lisa et Matthew, pour s'emparer du coeur de ce dernier). Elle a bafoué toutes les lois de l'amitié, en se jouant de la confiance de son amie Lisa. En somme, pas de quoi être bien fière.

Mais voilà, ce qui est admirable, c'est de nous montrer à l'oeuvre jusqu'où peut aller la passion amoureuse. Alex ne manque pas de noblesse, ni de beauté, mais la haine d'elle même l'a pulvérisée, reduite à néant. Ses larmes, dans ce passage, sauvent le personnage du machiavélisme, pour le jeter du côté de la pathologie, de la souffrance, de la maladie d'amour. Elle aurait très bien pu s'accepter telle qu'elle était - cruelle pour arriver à ses fins. Mais, non, elle "n'est pas ce qu'elle est", elle se voudrait autre. Elle est un autre, pour paraphraser Rimbaud. Cette folie douce est sublime, car proprement humaine. Terrible car pitoyable. Belle car impossible.

Les mouvements de caméra qui tournent autour d'Alex dans la scène fonctionnent comme des introspections au sein de son âme, par à-coups. Et nous dévoilent à chaque visionnage, un peu plus notre propre intérieur.

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