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Postulons pour l’existence d’un Kama Sutra européen

Par OSV :: 09/06/2008 à 0:01 :: Vita quotidiana

    

 

Oui, à l’heure où l’univers de consommation s’est emparé de la chose, afin de créer chez l’acheteur une giclée émotionnelle d'emplette, cela semble un lieu commun. Il suffit d’allumer son ordinateur pour être envahi, malgré soi, par « le plaisir en vente ». Tout ce qui concerne la sexualité a été soigneusement récupéré de telle sorte que nous perdions le contrôle de nous-mêmes et que nous nous installions dans de nouvelles normes : fellation versus sodomie Et c’est là qu’intervient la philosophie, plus particulièrement, la philosophie-voyou.

 

Car, contrairement à ce qu’on voudrait bien croire, il ne s’agit pas d’une nouvelle vague de liberté, gagnée à la « force du poignet ». Ni d’existences subversive, modèles d’autonomie et d’indépendance. Ni encore de plaisir pur et dur. C’est tout simplement de l’esclavage à un système économique qui a, très savamment, orchestré l’aliénation de l’homme – surtout – et de la femme par de la rhétorique virtuelle. « Cliquez ici et vous verrez ce que vous n’avez jamais encore vu ». Où s’arrête le cercle du vice, dans cette surenchère de la sexualité exhibée ?

 

Réponse : Là où ma volonté me l’ordonne.

 

Question : Comment m’interdire ce que mon corps désire ?

 

Réponse : Par l’élaboration de mon propre « Art d’aimer », en marge des normes et des lois de la finance. En contre à l’optimisation chronologique dont nous sommes sans cesse les victimes : prendre le temps de faire l’amour,  c’est déjà une preuve de résistance au système. La jouissance « construite » avec art, et partagée avec passion, c’est déjà être un voyou, qui ne se laisse dicter de contrainte par rien ni personne.

 

C’est bien ce qu’avait compris les monothéismes des premiers temps qui ont, avec sapience, fait disparaître la plupart des « Kama Sutra » antiques. Ils voyaient bien le problème que cela induisait : la perte de contrôle des individus.

 

Je postule donc à l’existence d’un « Art d’aimer » antique, illustré, héritier de l’Inde-Européenne, tel qu’on le trouve à Pompéi, sur des fresques, dans le « Lupanar ». Là, les amants intelligents trouvaient face à leur ébats physiques les voies de la sagesse peintes en de petits tableaux. Toutes les « positions » s’y trouvaient, de manière à esthétiser ce que le chien de la Villa d’à côté accomplissait sans arrière-pensées. De ce Kama Sutra romain, il ne nous reste rien, à l’exception de ces quelques fresques…Mystère.

TOD'S

Par OSV :: 19/05/2008 à 0:00 :: Vita quotidiana



C’est un lieu commun d’énoncer que tout affranchi qui se respecte porte des Tod’s. Pourquoi ?


La raison est simple : il y a quelque chose de direct, d’immédiat, d’authentique avec le monde. Pas de frontière entre soi et le sol. Quelques picots de gomme. Quelques millimètres de matière. Et puis le cuir. C’est tout. Le pied nu, libre dans l’enceinte du mocassin. Transpiration et respiration des membres inférieurs.

En cela, le philosophe-voyou suit bien les préceptes qui sont les siens : célébrer sa liberté dans l’enfer du quotidien. Trouver le souffle juste dans un univers où tout nous le coupe. Se placer dans l’alternative, le souterrain, le masqué. L’invisible. La Tod’s reproduit alors paradoxalement l’opposition radicale au monde de consommation : elle est faite pour mourir, quand toutes les autres chausses sont destinées à durer. Appel  à la mort dans le style et l’esthétique, plutôt qu’à la survie dans le commun et la bassesse.

Vita quotidiana : Hôtel Savoy - Italie - Firenze

Par OSV :: 27/03/2008 à 9:11 :: Vita quotidiana

 

 

 

 

Dans l’univers du philosophe-voyou, je souhaiterais amorcer une esquisse de la « philosophie du lieu ».

 

En effet, on ne philosophe pas de la même manière si l’on habite un presbytère qu’un bordel. L’un comme l’autre commande des pensées qui leur sont propres. Et qui, en un sens, n’appartiennent qu’à moitié au penseur qui les émet. Le prêtre et la courtisane pensent comme un prêtre et une courtisane parce qu’ils habitent là où ils habitent.

 

Cependant, il serait hasardeux de conclure à un déterminisme absolu. Méfiance. Il a des curés qui pensent comme des putes…et des putes aux pensées de curés. Non, l’idée est simplement d’appeler au génie du lieu. A la force du site. A la puissance de la matière sur la chose pensante. En toute humilité.

 

Platon avait son Académie. Epicure, son Jardin. Zénon, son Portique. Aristote, son Lycée. Diogène, sa cruche en terre cuite. Le philosophe-voyou, nomade par essence, de passage en existence, devait bien élire un lieu idoine. Qui lui permette de philosopher en paix. Dans son élément. Ce lieu, c’est l’hôtel.

 

Au cours de ces chroniques, nous dresserons une liste, forcément fautive, des lieux philosophiques de notre philosophe-voyou… Contre les guides touristiques. Bien évidemment.

 

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Hôtel Savoy - Firenze

 

 

 

 

 

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