Calendrier

« Octobre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031 

OSV

Le Blog du Philosophe-Voyou

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Alex et Facebook

Par OSV :: 26/10/2010 à 13:25 :: Vita quotidiana
Alex est un minable. Dans la vie, il n'est personne. Il a du mal à aligner trois mots qui se suivent. Il joue le dimanche à se déguiser en personnages sortis de la guerre des étoiles. Il porte une "banane" pour mettre ses effets personnels, carte bleu, business card, tampax, éventuellement un préservatif au cas où l'impossible se produirait. Il ne voyage que dans des auberges de jeunesses. Pas par pauvreté, mais parce que c'est un rat. Il n'a pas de chance ce rat dans la vie, car il est laid. Heureusement pour lui, Facebook est arrivé, surgi du ciel comme le tout premier rayon de soleil frappa de son dard la planète bleue. De l'état de sous-homme dans lequel il se cantonnait, le voilà passé aux premières loges, sur le devant de la scène. Et comme, il "contrôle" la technologie pour y passer le plus sombre de son temps, dans une guitoune mal éclairée dans l'arrière boutique du petit appartement de ses parents, alors, il devient une icône. Le voici avec sa petite amie devant le Colisée à Rome, genre, je tiens l'appareil, j'avance les lèvres, je prends l'air sombre et ténébreux, quitte à retoucher après avec mon Mac à la maison, et je laisse entrevoir le monument romain, faisant l'impasse la plus totale sur l'essentiel, pariant sur le raccourci que feront les internautes : Le Colisée, Alex, même combat. Et si par mégarde, Alex s'offre une après-midi à la piscine municipale, il ne perdra pas l'occasion de se faire photographier par une âme en peine, comme la sienne, le torse à moitié émergé, l'azur chloré masquant le gras de son bide, genre photo d'un modèle incognito dans sa piscine privée à l'heure du déjeuner. La liste serait longue des moments qu'Alex saisit pour se faire tout court en images, en virtuel, en air. Pour parvenir à cet état auquel la société ne le laissera jamais accéder, car elle lui fait peur, et qu'il voudrait bien être : un homme. Alors un conseil, Alex, va jusqu'au bout de ta logique, truque, trafique, maquille, pipe la réalité, va jusqu'au bout de toi-même, échaffaude, trompe, transforme et falsifie. "In relationship with Che Guevara".

L'homme - Yves Saint-Laurent

Par OSV :: 09/05/2010 à 0:12 :: Vita quotidiana

Apparence et essence. L'opposition entre ces mots n'a jamais été aussi futile et abusurde que dans ce parfum. Fragrance de tout homme d'honneur qui se respecte.

Postulons pour l’existence d’un Kama Sutra européen

Par OSV :: 09/06/2008 à 0:01 :: Vita quotidiana

    

 

Oui, à l’heure où l’univers de consommation s’est emparé de la chose, afin de créer chez l’acheteur une giclée émotionnelle d'emplette, cela semble un lieu commun. Il suffit d’allumer son ordinateur pour être envahi, malgré soi, par « le plaisir en vente ». Tout ce qui concerne la sexualité a été soigneusement récupéré de telle sorte que nous perdions le contrôle de nous-mêmes et que nous nous installions dans de nouvelles normes : fellation versus sodomie Et c’est là qu’intervient la philosophie, plus particulièrement, la philosophie-voyou.

 

Car, contrairement à ce qu’on voudrait bien croire, il ne s’agit pas d’une nouvelle vague de liberté, gagnée à la « force du poignet ». Ni d’existences subversive, modèles d’autonomie et d’indépendance. Ni encore de plaisir pur et dur. C’est tout simplement de l’esclavage à un système économique qui a, très savamment, orchestré l’aliénation de l’homme – surtout – et de la femme par de la rhétorique virtuelle. « Cliquez ici et vous verrez ce que vous n’avez jamais encore vu ». Où s’arrête le cercle du vice, dans cette surenchère de la sexualité exhibée ?

 

Réponse : Là où ma volonté me l’ordonne.

 

Question : Comment m’interdire ce que mon corps désire ?

 

Réponse : Par l’élaboration de mon propre « Art d’aimer », en marge des normes et des lois de la finance. En contre à l’optimisation chronologique dont nous sommes sans cesse les victimes : prendre le temps de faire l’amour,  c’est déjà une preuve de résistance au système. La jouissance « construite » avec art, et partagée avec passion, c’est déjà être un voyou, qui ne se laisse dicter de contrainte par rien ni personne.

 

C’est bien ce qu’avait compris les monothéismes des premiers temps qui ont, avec sapience, fait disparaître la plupart des « Kama Sutra » antiques. Ils voyaient bien le problème que cela induisait : la perte de contrôle des individus.

 

Je postule donc à l’existence d’un « Art d’aimer » antique, illustré, héritier de l’Inde-Européenne, tel qu’on le trouve à Pompéi, sur des fresques, dans le « Lupanar ». Là, les amants intelligents trouvaient face à leur ébats physiques les voies de la sagesse peintes en de petits tableaux. Toutes les « positions » s’y trouvaient, de manière à esthétiser ce que le chien de la Villa d’à côté accomplissait sans arrière-pensées. De ce Kama Sutra romain, il ne nous reste rien, à l’exception de ces quelques fresques…Mystère.

Le Philosophe-Voyou - Blog créé avec ZeBlog