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Lucca - Toscane - Villa San Michele

Par OSV :: 19/05/2010 à 20:25 :: Voyage

Carnet de route.

Lucca - Toscane

Villa San Michele

Il est des lieux où souffle l’esprit, pour que naisse une vérité qui est sa négation même. Place à une cartographie des lieux du philosphe-voyou. Place au traçage d’un itinéraire philosophique, qui participe à édifier un génie du lieu. De sorte que, se trouvant sur les pas du Maître, vous vous imprégniez du style et de la manière de vivre en voyou.

✦✦✦

Ce que je voudrais convoquer ce soir, ce sont les abords de la ville de Lucca. Là, après avoir laissé les remparts à la mode Vauban, emprunté la route de Pise, après avoir laissé ce condensé d’histoire renaissance, cette synthèse machiavélique de pensées jetées à même la pierre, une petite montée. Une entrée seigneuriale, genre ruinée, puis rénovée, puis albergo - enfin, le genre histrico-désuet enchanteur, romantique, car faillible, poétique, car passéiste.

La Villa San Michele.

Pour les amateurs d’hôtel, on se dit alors. C’est un hôtel de Fiesole, dans la banlieue de Florence. Et puis non, c’est autre chose. C’est à Lucca. Contre Florence. Contre le bobo amateur d’étoilés. Pour la retenue. Car ce qui délicieux et attachant, c’est la discrétion. Tu peux venir dans ce lieu, calmement. Pour fuir le monde. Echapper à la pression quotidienne du vulgaire. Les chambres sont de cette Italie qui chérissait le luxe campagnard et simple. Froid et fort. Lieu aussi bien de la nuit d’amour rêvée puis vécue, goûtée et savourée, que du coup monté, entre hommes d’honneur, le temps d’une trêve, d’un projet hors-la-loi. Le soir, le soleil se couche sur la campagne toscane, les arômes s’exhalent soudain. Des souvenirs dont rien ni personne ne pourront jamais vous déposséder.

Villa San Michele

Philadelphia - 21 Avril 2008

Par OSV :: 24/04/2008 à 0:40 :: Voyage

Alma de Cuba, Philadelphia

 

 

Lundi 22 avril 2008

 

Début de la journée vers 12h30. Heure raisonnable pour un voyageur-voyou. Intolérable pour le voyageur modèle. Tout en effet concorde à la rationalisation du temps en vacances : toutes les circonstances sont limitées. Espace et temporalité. Cause et conséquence. On est là pour « profiter » de l’opportunité d’être dans un lieu inouï et inédit. La rentabilité elle aussi est là pour rappeler le flâneur à l’ordre. Chaque minute compte. Chaque instant doit s’inscrire dans une logique sociale. Voisins, amis, et consort, on vous demandera si vous avez vu ou visité la National Galerie de Philadelphie. Si vous connaissez Market street. Comme pour croiser des souvenirs communs, mais incommunicables fondamentalement. Jouer le jeu social. Prendre des photos carte postale pour pouvoir dire : « J’y étais ». Et bien là, pas de problème. On a cherché à se perdre dans le centre. Effectivement, market street, walnut street, spurce street. Mais sans raison, pour le plaisir de se laisser guider par autre chose que par les impératifs catégoriques de la culture touristique.

Réponse : restaurant de 15h00, un restaurant de poisson, vers le port de Philly.  Visite du plus vieux bâtiement en acier de la marine américaine et d'un sous-marin des premiers temps, le Becuna. Si c'était pas de la contre culture ça. Goûter: Di Bruno, chocolat chaud et pain au raisin. Restaurant du soir : Alma de Cuba. Dans Walnut street. Ambiance chaude et orangée. Cuisine brillante. Genre salon en cuir blanc. Très réussi. Lieu tenu par Stephen Starr qui gère une dizaine de restaurants à Philadelphia. Tentative et tentation pour un bar à cigares, Mahogany, qui fermait ses portes à minuit. L’endroit pour Cendrillon. Pas pour des philosophes dangereux. On a alors achevé la soirée avec un jeu d’arcade, un simulateur de chasse. L’idée était de tirer sur les cerfs, sans toucher les biches. On a fait un vrai carnage écologique. Et en plus, on a fait de beaux rêves.

 

Bonne fête à la ville des Jumeaux, fils de Mars et descendants de Vénus.

Philadelphia - 20 Avril 2008

Par OSV :: 23/04/2008 à 0:37 :: Voyage

 

 

 

L’idée est de renouer avec le carnet de voyage. Celui que l’on portait sur soi, comme un flingue. Que l’on pouvait dégainer à n’importe quel moment du jour, au détour d’un instant un peu trop agressif. Un instant qui a une drôle de gueule. Et blan ! On se l’aligne direct. On tire et c’est noté.

Il y aussi sur le tableau de chasse, la tentative d’appréhender les lieux. Qui sont surtout par ce qu’on y apporte, ce qu’on y transporte. Une somme d’impressions. Exit l’expression objective d’une ville. Célébration du non dit. Au revoir la science des pays. Avènement du pays de la subjectivité.

 

Dimanche 21 avril 2007 – Philadelphia – PA – USA

 

Nous avons roulé deux bonnes heures avant de nous arrêter dans un restaurant italien en bord de route, dans un petit village autoroutier entre Boston et New York. Généralement, les décors des italiens aux Etats n’ont de rital que le nom. Là, c’était pas du persiflage. La boutique avait vraiment était arrangée par un artiste. Les reproductions naïvo-réalistes de Venise ne laissaient pas l’ombre d’un doute. A la fin du repas, le chef est venu s’assoir avec ses assistants, histoire de manger un plat de pâtes. Et là j’ai su que c’était une petite entreprise familiale. Au Etats, comme il y en a plein. La plupart des patrons se foutent bien de manger avec leurs hommes, pourvu que ça rapporte. Voilà tout ce qui leur importe. Le chef de famille, lui, il sait ce que c’est que le respect .Il le conçoit dans le partage du pain, ce que le latin dit très bien par « cum – panem », le compagnon.

En passant à New York, sur l’autoroute 95, il y avait une ambiance de bénédiction. Benoit XVI était au stade. Cela m’a fait plaisir de savoir que cela pouvait déranger des gens que le Pape détrône des icônes sportives, le temps d’un match spirituel… L’essentiel, on le sait est de participer – selon l’adage droit de l’hommiste.

Arrivé à Philly vers 20h00. Dans les suites Westin. On est descendu presque immédiatement découvrir la ville. Même stupéfaction habituelle. Le Downtown la nuit relève plus du livre I am a legend que de la promenade touristique. Centre ville désolé. Hanté par des zombies venus d’inter-mondes. Après avoir arpenté Walnut street, nous avons débouché sur Ritthen House Square. Et là un petit havre hédonsite, Rouge. Pensé au film de Kieslowski. A Irène Jacob. Voilà ce qui venait à l’esprit. Le décor, très Garcia. Les chaises, très troquet parisien. La clientèle, vaniteuse. Ce qui n’est jamais sans me plaire. Au nom de quelle loi se priverait-on de parader ? Quelques mecs faisaient les malins dans une arrière boutique. On les comprend. Chacun son territoire. Et dans ces cas là, quand les intérêts ne se croisent pas, mieux vaut observer et s’inspirer. A quoi bon défoncer tout ce qui bouge pour un regard tronqué. Ils défendent leur fief et c’est très bien.

Et puis on est rentré á l’hôtel. Nuit studieuse.

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